J15 – « Le club va souffrir jusqu’au bout. »

Après les tragiques évènements nationaux de ces derniers jours (titularisation de N’Daw en coupe de France), @TontonFriedrich est allé interroger un aficionado de Niort, une charmante petite bourgade de la région Poitou-Charentes, une des dernières régions de France où la civilisation n’a pas encore amené Internet. Rencontre avec @ConchaEspina, fan de football, mais aussi de Niort.



BM :
Salut @ConchaEspina ! Tout d’abord, un grand merci de répondre à nos questions pour Bollaert Mécanique. Et bien tiens, avant toute chose, si tu nous en disais un peu plus sur toi ?

ConchaEspina : Salut Tonton Friedrich ! J’ai 29 ans et habite Madrid depuis 4 ans. Je bosse dans une agence de communication. Malgré la distance, j’arrive à suivre le championnat de France, L1 et L2. Je mange à peu près 8 matchs de foot par semaine, et essaie, si possible, de voir du foot argentin, qui me passionne.

BM : À Madrid ? Explique-nous donc comment en es-tu amené à supporter le Chamois Niortais !

CE : Je suis né et j’ai étudié à Niort jusqu’au Bac. On est forcément vite attiré par le foot et les Chamois Niortais car dans (l’ancienne) région Poitou-Charentes, Niort est le seul club de niveau. J’ai passé 3 ans au lycée qui héberge les jeunes du centre de formation du club. La vie quotidienne des Chamois était très souvent au cœur des discussions entre potes. Pour l’anecdote, j’ai partagé pendant 3 ans les bancs de ma classe avec Alexandre Bonnet, formé aux Chamois, qui joue maintenant au Havre.

BM : Tu vas donc certainement nous expliquer l’origine du « Chamois », à Niort, région montagneuse par excellence…

CE : Niort se trouve à 4 heures des Pyrénées, donc votre question est tout à fait pertinente et logique. En fait l’histoire est assez simple. En 1925, un certain Charles Boinot devient président du club et cherche un nom à lui donner. Il se trouve qu’il est également directeur d’une grosse entreprise à Niort, dont l’activité la tannerie des peaux et des cuirs d’animaux, dont de chamois, donc. L’histoire est née : le club devient officiellement les Chamois Niortais.

BM : Peux-tu nous détailler un peu le début de saison de Niort ?

CE : Le début de saison est évidemment décevant, mais, il faut l’avouer, nous nous y attendions. Les départs de Diaw, Malcuit, Martin et Barbet ont décimés l’équipe. On parle là des cadres du 11 type de l’année dernière. Le projet que met en place Karim Fradin, aux manettes du club, est vaste et demande beaucoup de patience. Les niortais le savent. Le club a depuis plusieurs années crée un vrai réseau de recrutement sur l’ensemble du territoire français. Ce réseau est de grande ampleur, peu de personnes le savent. Le club récolte les fruits de ce travail depuis 2-3 ans en dénichant de bons joueurs qui permettent de belles plus-values à la revente, dont les 3 derniers joueurs cités plus haut.

BM – De quoi nos lensois vont-ils devoir se méfier ? Le terrible pressing niortais ?

CE : Le gros défaut des Chamois depuis le début de saison est double : à sa faiblesse défensive s’ajoute un manque d’efficacité offensif effrayant. Au niveau du projet de jeu, soyons clairs, le jeu léché et vertical prôné par Gastien a laissé place une rigidité et rigueur tactique sous Brouard. Je pense que le club va souffrir jusqu’au bout de la saison dans la lutte pour le maintien. Heureusement, 3 joueurs actuellement maintiennent en vie les Chamois : Paul Delecroix, assez irréprochable dans les buts ; Koné, qui fait du bien depuis son retour de blessure en attaque et, bien sûr, Faiz Selemaini, la vraie bonne pioche du mercato. On évite toute enflammade mais ce garçon à quelque chose de différent et beaucoup de talent.

BM – Tu as certainement un avis sur l’un des clubs les plus tragi-comédiques de ces 10 dernières années en France, l’éternel Racing Club de Lens ?

CE : A un niveau personnel, voir Lens 13eme de L2 me rend évidemment triste. J’ai un respect énorme pour le peuple lensois, pour cette ferveur hallucinante malgré la gestion hasardeuse du club depuis maintenant plusieurs saisons. Vraiment, c’est admirable. Évidemment, la situation est préoccupante, seulement 4 victoires sauf erreur de ma part. En revanche, avoir Kombouaré sur le banc est pour moi une garantie sportive non négligeable. A l’instar des Chamois, je pense que le RC Lens manque de solidité défensive et vous pénalise très souvent. Mais vos victoires contre Nancy et à Auxerre vont sans doute faire un bien fou aux joueurs pour la suite.

BM – Et pour finir, un petit pronostic ?

CE : Je suis un piètre pronostiqueur mais je vais quand même tenter : 2-2. Chavarria et Landre pour vous, Koné et Roye pour nous. Bon match à vous et je vous souhaite beaucoup de réussite pour la suite.

Un grand merci à @EspinaConcha pour cet interview, et au GPS de Tonton Friedrich qui l’a sorti de 4 jours d’errance dans le désert du Poitou.

Distillé avec amour par Tonton Friedrich (@TontonFriedrich)

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