J8 – De l’art d’avoir le cul entre deux chaises (debrief)

Depuis hier soir, le débat fait rage au sein de la rédac’ : est-ce que le RC Lens vaut quelque chose cette année ?

Quand on perdait (je dis ça comme si ça date d’une époque lointaine mais on a que trois points hein), l’analyse était facile : on est archi-nuls. A chier. Minables. Sans espoir. Sauf que là, la victoire d’hier relance un peu la machine, et on se demande comment tout cela va finir. 


Analyser le niveau de jeu du RC Lens est une tâche ardue. Evidemment, quand une équipe n’a réussi à prendre que 3 points sur 24, le constat ne peut pas être dithyrambique.  Néanmoins, il serait injuste d’occulter les conditions particulières de ce début de saison (changement de coach, recrues plus que tardives, pression grandissante suite aux défaites à la chaîne), comme il serait trop facile de les brandir comme une excuse pour expliquer la dix-neuvième place au bout de 8 journées.

Si les velléités de montée en Ligue 1 à l’issue de la saison sont désormais une vague utopie à laquelle personne ne veut encore croire, sous peine de se faire taxer au mieux de doux rêveur, au pire d’attardé consanguin, la vraie question actuellement est : va-t’on jouer le maintien ou errer dans le ventre mou d’une Domino’s Ligue 2 bien moins encline cette année à faire durer le suspens sur ses favoris ?

Soyons clairs : le niveau de jeu présenté par le RC Lens en ce début de saison est affligeant. La fragilité des joueurs, qu’elle soit due à leur niveau intrinsèque ou à la peur panique de se vautrer, est dans tous les cas évidente. La différence entre ces deux options, c’est la façon dont va se dérouler la suite de la saison, maintenant que le compteur est débloqué.

A mon sens, il s’agit d’un subtil mélange délétère entre les deux, poussant l’équipe dans une spirale négative dont l’issue ne pourra être que fatale sans réaction musclée émanant d’abord du staff technique, ensuite des joueurs eux-même.
En vérité, je pense que certaines individualités au sein de cet embryon d’équipe peuvent nous permettre de croire que tout n’est pas perdu. Cristian Lopez, qui revient enfin sur les terrains, en reste le meilleur exemple. Outre son état d’esprit, à des années-lumières de l’abattement généralisé, il a indéniablement des qualités offensives qui nous ont cruellement fait défaut lors de son absence. La doublette Diarra/Bellegarde pourrait nous offrir à l’avenir quelques beaux moments, si tant est que l’ami Souleymane puisse se maintenir sur un terrain au moins un match entier.
En défense, l’avis est forcément plus mitigé. La prestation (que je pourrais qualifier de médiocre) de Karim Hafez hier n’en est que le symptôme le plus flagrant. C’est en effet toute la charnière défensive qui peine, que ce soit dans son positionnement global ou dans sa maîtrise individuelle du ballon. On ne peut pas oublier qu’hier, les Rouennais ont par deux fois frôlé le cadre en entrant dans notre côté gauche sans rencontrer la moindre résistance. Le nombre de tirs de QRM (13 tirs tout de même, soit 3 de plus que nous) démontre à lui seul la friabilité des lignes arrières. Lot de consolation : Douchez a pu se distinguer sur les tirs cadrés, même si on ne retiendra ni l’élégance ni la sérénité de ses arrêts.

Bon. C’est bien beau tout ça, mais ça fait pas avancer le débat. Qu’est-ce qu’on fait, cette année ? On se regarde crever sans pouvoir arrêter l’hémorragie ou on pose un garrot, quitte à perdre un membre ? Énigme.
Vous allez peut-être m’en vouloir, mais je n’ai évidemment pas la réponse. D’abord parce que je suis une tanche en divination, et ensuite parce que les éléments que l’on a pour juger sont loin d’être assez représentatifs pour se forger un avis définitif, et enfin parce que je suis une meuf et que j’y connais rien au foot.

Qu’est-ce qui, dans ce début de saison, émane de la qualité des joueurs ou de la fébrilité mentale ? En plus clair : qui est vraiment nul dans cette équipe et qui n’est « que » fragile psychologiquement ? Peut-on honnêtement juger un joueur sur sa prestation d’hier, quand on a face à nous une équipe comme celle de Quevilly, dans un contexte aussi chargé ? Qu’est ce qui relève de la nullité de l’autre, de la nullité de soi-même, de la peur, de la démotivation, de la non-montée à la dernière minute l’année dernière? Et surtout, dans cette soupe imbuvable qu’on nous sert depuis deux mois, y’a-t’il des choses que l’on peut changer, des automatismes que l’on peut trouver, des améliorations que l’on peut attendre ?

Il me semble qu’il serait un peu présomptueux de se forger un avis définitif sur l’équipe à ce stade. Surtout que, même en essayant d’être le plus objectif possible, on essaye toujours de voir ce qu’on voudrait voir. On cherche l’espoir là où il paraît et, comme des naufragés dans le désert, on voit peut-être des mirages auxquels on croit parce qu’il ne nous reste qu’à y croire.

Du coup, c’est un peu lâche de ma part, et surtout d’une banalité affligeante, mais mon avis est qu’il faut attendre de voir (oui, tu as lu tout ça pour cette conclusion merdique)(pour ma défense, le titre aurait dû te mettre la puce à l’oreille)(mais c’est vrai que « titre » et « RC Lens » c’est toujours un peu compliqué).
La victoire d’hier a au moins le mérite de nous proposer un embranchement nouveau dans cette saison, celui d’une issue différente, même si ce n’était pas celle espérée fin juillet. Loin de m’emballer, mais aussi un peu rassurante à sa façon. Tout n’est pas perdu.

Y’a t’il encore de l’espoir ? Il n’y en a jamais eu beaucoup. Seulement l’espoir d’un fou.

Chanté par @LaPoch

 

 

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