J5 – Crise passion

Ce bruit insupportable du polyester que tu manipules avec véhémence pour le sortir d’un carton trop serré. Cette foutue craie que tu écrases et déplace sur le tableau noir. Ce scalpel aiguisé que tu utilises pour rayer la vitre de ta fenêtre. Le couteau qui coupe le morceau de viande et vient faire crisser l’assiette. La passion miso-phonique que génère ce club de football qu’on s’évertue à suivre saison après saison.

Crise passion.


Samedi 24 août, 16h40. Stade de l’Aube. Troyes. Steven Fortes se fait piquer le ballon à trente mètres du but adverse. Comme un symbole, Chris Crise Bedia, dont la vitesse de pointe n’excédait en rien celle de feu Benjamin Nivet, n’eut aucune difficulté à semer son poursuivant, et après une chevauchée toute troyenne, glissa le ballon au nouvel arrivant Lenny Pintor, et ce devant un Mesloub insolitement en position de dernier défense, pour glisser le ballon hors de portée de Leca. But du KO.

Crispation.

Une seconde sortie totalement foireuse du RC Lens, deuxième de rang, et c’est tout un monde qui s’écroule. J’ai l’impression aujourd’hui d’écrire sur ce foutu château de sable que je m’évertuais à construire sur les plages de la Manche quand j’étais tio. Avec mes petites pelles en plastique et le cul plein de sable, chaque journée à la mer était rythmée par la construction de petits murets super-épais, et le creusement de douves tout autour pour drainer une mer qui avance, qui avance. Il ne fallait généralement que quelques vagues pour que le premier pan de mur perdit de sa superbe, puis que la mer n’envahisse mes petites créations toutes fragiles. Bon, j’ai fini commercial, et non architecte.

 

 

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Le vieil adage, toujours d’actu ! 

L’enflammade du début août a donc vite été douchée, battue à poings nus dans une chambre d’hôtel (oups). Et en dépit de l’implosion collective constatée lors du dernier quart-temps du match contre Le Havre, les fous du Racing répondirent une nouvelle fois présent samedi, forts d’un cortège d’un petit millier de gugusses. Beaucoup avaient effectivement coché ce plan à Troyes. En réponse, le collectif Sang et Or n’aura absolument rien montré, se contentant de rester allongé sur le flanc, à regarder l’adversaire en lui caressant les cheveux. Foutue feignasse. Et il fallait être totalement fanatique pour regarder cette prestation jusqu’au bout. Il aurait peut-être même été judicieux d’insulter la Ligue d’enculé pendant 90 minutes afin que cette prestation n’eut eu quelconque chance d’exister. Totalement amorphe pendant la quasi-totalité de la rencontre, il n’y aura rien eu à retenir de cette déroute, tant au niveau comptable que sportif. La pire des défaites, c’est quand tu perds et que tu le mérites, en concurrence avec un samedi soir passé seul sur son canapé devant Fort Boyard (je te rassure, j’ai vite zappé).

Lensois jusqu’à la mort, ou chronique d’une saison que l’on espère encore belle, car l’espoir fait vivre. On est autant accro au Racing que la pouffe de Baroin l’est à l’opium. Çà en devient vraiment flippant. L’espoir de frapper l’ESTAC une troisième fois consécutive aura bercé les illusions d’un bon nombre d’entre nous pendant quelques jours. Après les Gang Banz de mai et d’août, il fallait s’attendre à un troisième acte un tantinet plus compliqué. Les vacances, c’est fini ! Une victoire aurait été un signal fort envoyé à la concurrence. Au lieu de ça, les joueurs se sont essayés au message codé. Malheureusement, on ne s’improvise pas Alan Turing et nul n’a compris le message que les joueurs ont essayé de nous faire passer.

Mon… quoi.. ? Dé… hein… ssion ? Je ne capte rien.

L’invocation du karma n’aura été que très timide, voire gentillette (ci-dessous), et c’est sûrement la défaite du Havre qui a ravisé une grande partie d’entre-nous d’aller chauffer les susceptibles petits troyens. C’est d’ailleurs cette même branlée face au Havre qui a sûrement provoqué la « gastro-entéro-diplomatique » de Yannick Gomis. Mythoooo va !

La première mi-temps fut globalement à chier. Comme face au Havre, avec moins de « maîtrise du ballon » en plus. D’un côté comme de l’autre, rien. Que dalle. Walou. Mais alors qu’on approchait gentiment la mi-temps, et que l’intensité du match me poussait irrémédiablement, et ce telle une morne étape de plaine du Tour de France, vers une sieste bien nécéssaire, Kiki Kouyaté, laissé étrangement seul par l’arrière garde lensoise, vint ajuster une tête molle à bout portant pour tromper Jean-Louis Leca.  Le calcul est simple : (45e+3) x 2 = 96ème minute. On est dans le tempo.

La deuxième mi-temps reprit, et en se basant sur un début de saison qui ne permet que de dresser des premiers constats non conclusifs, l’espoir de voir le RC Lens inverser la tendance était encore vivant sous assistance respiratoire. Parce qu’en vrai, l’ESTAC n’aura réussi qu’à confisquer le ballon à une équipe qui n’en voulait visiblement pas. Et parce qu’en se basant sur le nombre de buts inscrits en fin de match, il était alors de bon aloi de croire que l’impossible retour pouvait une nouvelle fois se reproduire. Cette foutue croyance aura eu le mérite de me faire rester devant le match jusqu’à la dernière seconde, les dix dernières minutes étaient plus motivées par une sorte de fascination devant l’apocalypse, voire un malsain voyeurisme.

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Échec.

Certains auront réussi à trouver l’énergie nécessaire pour se plaindre de l’arbitrage de M. Léonard Chenapan (perso la giga flemme). Ils pensèrent certainement à l’attentat homophobe de FDP.ape Souaré sur Charles Boli, qui aurait a minima mérité une interruption de la partie, voire une intervention de RougeDirect. Je restais là, devant mon streaming, pantois. L’action poussa le vice jusqu’au bout en permettant au Troyen « sympa qui aura passé la Coupe du Monde 2018 avec sa sélection nationale en qualité de GO* » de frapper au but. Frappe bien repoussée par Jean-Louis.

Côté lensois, c’est encore de Sotoca que vint la seule et UNIQUE occasion tiède de la seconde mi-temps. Un ballon qui traînait, là, et l’ancien Grenoblois fit encore parler sa spontanéité. Au dessus. Statistique aussi éloquente que dérangeante, Lens n’aura cadré qu’une frappe durant tout le match.

On repassera.

Puis vint cette contre-attaque amorcée par la fameuse récupération de balle de Chris Bedia dans les papattes maladroites de Steven Forteresse. Conclusion d’une bien terne rencontre. Après en avoir été la presque Genèse, l’Aube deviendra-t-elle l’orée crépusculaire de l’ère Montanier ?

(vais me faire insulter)

Ecrit par L2F (@louis2finesse)

*Oualid El Ajjam

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