La Saga Sang et Or – Intégrale

Alors qu’on attendait patiemment la décision finale quant à la reprise ou l’arrêt des championnats de football en France, une idée a germé dans ce qui me sert parfois de cerveau. Reparcourant le fil de l’Histoire moderne du Racing dans ma tête, j’étais convaincu qu’il me fallait absolument prendre le temps d’écrire un papier sur cette fantastique aventure que je vis avec ce club que j’aime tant, et ce depuis plus de vingt ans ; des premiers souvenirs européens contre Odessa et le Slavia Prague à la toute récente montée en Ligue 1, après près de dix ans de purgatoire. Dans un style diamétralement opposé à celui que j’ai l’habitude de vous proposer, j’ai le plaisir de vous faire voyager dans le temps, au travers de cette formidable odyssée qu’est l’histoire moderne du Racing Club de Lens. Chaque jour de la semaine, un chapitre sera mis en ligne à la suite de cet article.

Chapitre 1 : Lens, c’est Gervais Martel !

Longtemps, très longtemps, le Racing Club de Lens a été associé à un homme. A un sacré bonhomme. Un type qui est né à Oignies, qui a grandi et toujours vécu dans notre coin. Un charisme total, malgré un visage jadis rond mais dont l’esprit a toujours été des plus vivaces. Cet homme, c’est Gervais Martel. Arrivé au RC Lens à la fin des années 1980, il aura bâti un club, et réussi à le mener à ses sommets. Supporter Sang et Or étant gamin, l’histoire est merveilleuse pour ce fils d’ingénieur des mines. D’entrepreneur (il fonda le Galibot, journal de petites annonces distribué dans le bassin minier), il finira bâtisseur de ce qui devint à la fin des années 1990, l’un des grands clubs de football que comptait ce pays. Des Corons au Panthéon du football. Gervais Martel, dans son ambition, réussit même à faire du RC Lens un club à dimension européenne, d’abord sous-estimé car peu connu, puis considéré et enfin respecté, au fil des saisons ; la victoire à Wembley, la demi-finale d’UEFA en 2000, les grandes victoires contre le Milan, La Corogne, et les matchs d’anthologie contre le Bayern Munich (2002). Nous n’avions alors plus à revisualiser les vieux matchs contre la Lazio. Nous tenions nos références européennes modernes, émancipés de notre passé. Lens réussit l’exploit d’exister sur la carte de l’Europe pendant une décennie. Martel parvint à se rendre indispensable au RC Lens. D’abord car il était à la base d’un travail long et forcément fastidieux, « les mains dans le cambouis », pour devenir celui qui personnifiait le mieux le RC Lens dans l’imaginaire collectif des supporters mais également de l’opinion public. Gervais Martel ira jusqu’à étendre son influence dans les coulisses du football français, devenant notamment Président de l’UCPF (Union Patronale des Clubs Professionnels de Football). Ce sera à jamais gravé dans la roche : Gervais Martel est, et sera pour toujours l’Homme des Titres. Et celui lui qui aura réussi à rompre le signe indien. Car oui, avant les succès de 1998 et 1999, premiers (et seuls) titres à garnir l’étagère Sang et Or, l’attente fut longue. Presque éternelle. Dans son Histoire, le Racing a en effet chaque fois échoué, en témoignent les nombreuses défaites en Coupe de France (1948, 1975, 1998), et les secondes places en Championnat (1956, 1957, 1977). Gervais Martel, c’est donc l’Homme qui aura fait basculer le RC Lens dans une nouvelle dimension, permettant au peuple Sang et Or d’entrer dans le cercle fermé des clubs Champions de France. Sous sa présidence, Lens grandit vite et fort, devenant un club respecté et craint dans tout le pays.

Gervais Martel, c’est également l’homme aux 1001 pirouettes, capable de vous retourner n’importe quelle situation complexe avec maestria. Drôle, attachant, et absolument passionné. La France l’adopte. Il en devient une icône. A ce moment, Lens c’est lui.

Le RC Lens, club européen

Au tournant de l’an 2000, Lens est à son apogée, tout en continuant à être régulier dans ses performances sportives. Et en dépit de quelques ratés, on pense notamment à l’échec Roland Courbis, vite corrigé par la nomination de Georges Tournay, le club suit une trajectoire linéaire dans sa progression. Lens est abonné aux joutes européennes. A l’été 2001, Martel nomma Joël Muller, en provenance du FC Metz, rival ponctuel de la fin de la décennie précédente, pour une saison qui marqua l’histoire du Racing. En ballottage extrêmement favorable à la sortie de l’hiver, le club échoue à la dernière journée, manquant de peu de replonger dans l’ivresse d’un titre de champion de France. Défait par l’Olympique Lyonnais, lors de l’exceptionnelle « Finale » du championnat 2001/2002, le Racing touche du doigt la magnificence. L’OL, qui deviendra le club omnipotent de la décennie 2000, lance quant à lui son destin. Le RC Lens, certes traumatisé par cette terrible déconvenue, en deviendra tout de même un participant régulier aux compétitions européennes, en continuant de se renforcer. La Gaillette, inaugurée en 2002, s’avère toujours être un outil de premier ordre, qui a certainement permis au club de se pérenniser.

En 2006, Lens fait la Une de l’hebdomadaire France Football, ce dernier titrant un très puissant et non-moins équivoque « Lens, le géant de demain ? ». Cette saison, Lens est fort d’un effectif pléthorique, d’une quantité et qualité rares. Les Itandje, Hilton, Coulibaly, Gillet, Keita, Carrière, Kovacevic, ou autre Aruna Dindane, se voient revêtir d’une mission : celle d’atteindre de nouveau les sommets, et assouvir les ambitions débordantes de toute une région.

A ce moment, dans les esprits des supporters lensois, mais pas que, le RC Lens ne pouvait être dirigé que par cette personnalité forte, qui représentait à elle seule toute la Région. Le réflexe, c’était de se dire que le « RC Lens sans Gervais Martel, ça ne pouvait exister ». La date de péremption du club était intimement liée à celle de son formidable entrepreneur. Marqué au fer Sang et Or. Un lien plus que fusionnel s’était créé entre le club et son extraordinaire président.

Chapitre 2 : « C’est tout l’inverse qui se passa »

Oui mais voilà. Alors que la France du football prédestinait le RC Lens à un rôle de locomotive de la Ligue 1, la formidable mécanique finit par se gripper. Le fameux grain de sable. A l’issue de la saison 2007/2008, un cataclysme s’abattit sur les terres artésiennes, jusque-là gavées de beau jeu. La terre trembla et Lens descendit en Ligue 2. Mais l’épicentre du séisme est antérieur, et nécessite de faire un retour sur la saison 2006/2007. Le Racing est second à la trêve, solidement positionné pour se qualifier pour la Ligue des Champions. Les rêves de titre ne sont pas permis, l’Olympique Lyonnais étant déjà trop loin devant. Ces derniers auront refroidi les ardeurs lensoises avant la trêve hivernale, fessant le Racing 4-0 dans un Bollaert en fusion du début à la fin de la rencontre (voir ci-après). Le ver venait-il de rentrer dans la pomme ? Le titre devint alors hors d’atteinte, mais la Ligue des Champions tendait toujours les bras aux Sang et Or, pour ce qui aurait été une troisième participation en dix ans. C’était sans compter sur une sortie d’hiver catastrophique et un mercato complètement raté (départ de Thomert et Jussié, pour l’arrivée Monterrubio, Piquionne refusant de signer le 31 janvier), les Sang et Or s’embourbant et n’affichant que le 15e bilan comptable sur la phase retour, avec un maigrelet total de 22 points. Le 26 mai 2007 est certainement une date à retenir dans l’histoire moderne du club. Car c’est à ce moment-là que s’amorce la chute. Le premier voyant rouge d’une catastrophe industrielle majeure à venir. Au soir de la dernière journée, Lens, encore 3e du classement, est alors loin derrière les deux Olympiques. Lyon sera champion et Marseille second, c’est mathématiquement implacable.

Le Racing a malgré tout son destin entre ses pieds, et une victoire à Troyes, déjà condamné à descendre, permettrait de terminer la saison à la troisième place, ce qui représenterait une performance de taille. Mais c’est tout l’inverse qui se passa. Le calvaire du stade de l’Aube, haut lieu des grandes défaites du Racing. La Berezina de l’Empire martélien. Lens, qui encaisse rapidement l’ouverture du score, ne parviendra jamais à relever la tête. Ramos est expulsé avant la pause, en même temps que les espoirs de podium. Lens prit une valise (3-0), et finit la saison à la 5e place, poussé hors de l’UEFA par le Stade Rennais à la différence de buts. De la Ligue des Champions à l’Intertoto en 90 minutes. C’est le TFC qui finira 3e. Les supporters manifestent leur immense déception, et Martel déclarera au coup de sifflet final qu’il réfléchira « à tout ce qui n’a pas fonctionné, pour être encore meilleurs la saison prochaine ». Dans les jours suivants, Gillot posa sa démission, et Martel ne réussit pas à retenir son coach pour une saison supplémentaire.

Suite à cette désillusion, Gervais Martel se mit en quête d’un entraîneur de renom, venant de l’extérieur, et ce afin de permettre au club de passer ce fameux cap. Didier Deschamps fut alors proche de devenir l’entraîneur du RCL, lui qui venait de remonter la Juventus en Serie A après avoir conduit Monaco jusqu’en finale de la Ligue des Champions. Pour une poignée de minutes, si on en croit la légende. Respectueux d’un engagement oral accordé depuis quelques jours, Gervais Martel nomma Guy Roux à la tête du club, pour ce qui sera l’erreur majeure du mandat de Martel à la présidence du RC Lens. Roux, mythe icaunais, qui n’a jamais entraîné ailleurs qu’à Auxerre, vint avec des méthodes propres qui s’avéreront incompatibles avec l’environnement lensois. Les recrues, fortement connotées ajaïstes (Pieroni, Akalé, Kalou), ne seront pas au niveau attendu, en témoigne un Bonaventure Kalou en tout point risible. Le calendrier du début de saison, semé d’embûches, voit Lens se déplacer à Bordeaux, puis recevoir le Paris SG, avant de se déplacer à Lyon. Le Racing avait dû, au préalable, s’employer à jouer l’Intertoto contre Odessa, et deux tours préliminaires d’UEFA, contre les Young Boys de Berne, pour finalement se faire éliminer au Parken Stadium par le FC Copenhague après prolongations. Mais après trois journées de Ligue 1, un point seulement est glané, l’attaque restant muette. La réception de Valenciennes accoucha d’un match nul, et c’est dans le vestiaire de la Meinau, à la mi-temps de la 5e journée qui opposait Lens à Strasbourg, que Guy Roux décida de jeter l’éponge, en plein match ! Lens s’inclinera 2-1, ouvrant son compteur but, enfin. Les rênes sont alors confiées à Jean-Pierre Papin, qui avait réussi à faire monter le RC Strasbourg la saison précédente.

L’édifice lensois s’écroula au fil des journées, nonobstant un sursaut en début d’année 2008, enclenchée par une sublime victoire à domicile contre l’OL (3-0), et un parcours en Coupe de la Ligue ponctué par une très amère défaite contre le PSG, alors grand rival aux côtés du TFC dans la lutte pour le maintien. Suite à la défaite du Stade de France, Lens se liquéfiera, et malheureusement, le duo formé par JPP et le Druide, bancal depuis le début, ne parviendra jamais à stopper le Racing dans sa chute. L’effectif, taillé pour l’Europe, finira son histoire commune dans l’ascenseur. Le 17 mai 2008, Lens conclut sa saison par un match nul contre les Girondins de Bordeaux (2-2). Bollaert crie son désespoir. Lens descend en Ligue 2.

Le club est sonné, par terre. Et bien évidemment, les données économiques rentrent très vite en jeu. Gervais Martel a massivement investi dans les infrastructures du club à partir des années 2000. Ce plan de croissance fut d’ailleurs monté en exergue par le désormais tristement célèbre « plan quinquennal », annoncé en 2004 et qui ambitionnait d’emmener le RCL en Ligue des Champions trois fois lors des cinq prochaines saisons. C’est à la fin de ce plan quinquennal que le Racing descendit en Ligue 2. Les recettes générées par le club en Ligue 2 sont largement insuffisantes pour équilibrer le bilan. Lens doit remonter immédiatement, au risque de périr.

Pas question de végéter plus d’une saison en seconde division. Forcément fragilisé, Martel garde une cote de popularité importante dans les travées de Bollaert. Il décide alors de confier l’équipe pro à son capitaine de toujours, Jean-Guy Wallemme, qui sort d’une expérience d’entraîneur au Paris FC. L’effectif est bâti pour réussir le pari de la remontée immédiate, et du maintien. Ce sera chose faite. Malheureusement, lors de sa deuxième saison en Ligue 1 (2010/2011) le club retombe dans ses travers. Jean-Guy Wallemme est remplacé par László Bölöni au mois de janvier 2011. La fin de saison est calamiteuse, la gestion du groupe infernale, et beaucoup retiendront le fameux 4-6-0 de Bölöni de la 38e journée, qui vit Lens se faire atomiser par l’AS Nancy Lorraine 4 à 0, avec un certain Geoffrey Kondogbia à la « pointe de l’attaque », et Varane au poste de milieu défensif.

35e journée, Lens s’impose 1-0 contre Bordeaux, et reste à 6 points du 17e Monaco.
La Marek chante sa colère.

Lens retourne en Ligue 2. Et rebondir, Lens en est cette fois incapable. Pourtant, le choix du coach d’alors, Jean-Louis Garcia, avait ça de séduisant que l’ancien technicien angevin jouissait d’une certaine cote, lui qui avait réussi à faire progresser le SCO dans tous les compartiments du jeu, et était réputé pour sa capacité à créer un collectif fort. Convoité, il fit le choix du RC Lens. Mais le rendement de Garcia n’atteignit jamais les attentes. Les résultats furent largement insuffisants. Pris en grippe, Garcia et ses joueurs ne termineront la saison qu’à la 12e place. Les saisons en Ligue 2 se succèdent, et fragilisent encore plus l’équilibre financier du club. L’incertitude gagne du terrain. La communauté lensoise se fragmente entre les pro-Martel et ceux qui espèrent voire demandent ouvertement son départ. Jamais le Président Martel n’était sorti aussi affaibli qu’à l’issue de la saison 2011/2012.

Chapitre 3 : Le Vol de l’Aigle

Proche du dépôt de bilan, le Racing tombe dans les mains du Crédit Agricole Nord de France (CANF). Martel est démis de ses fonctions et le RCL se retrouve orphelin de son Président historique. C’est la fin d’une ère, croit-on à ce moment. L’établissement bancaire, qui n’a aucune vocation à diriger un club de football, est bien obligé de nommer à sa tête ce que l’on appelle un « cost killer » ; littéralement un « tueur de coûts ». Luc Dayan est cet homme. Passé par le LOSC, l’Entente Sannois-Saint-Gratien, Nantes ou encore le Paris Saint-Germain, Dayan vient pour tailler dans le vif, et permettre au club de réduire significativement la voilure. Très rapidement, il se sépare de l’entraîneur Jean-Louis Garcia. Sikora, solution interne et forcément économique, le remplace. Au niveau des infrastructures, les impacts liés au régime sont très rapidement visibles : la tribune Trannin, jadis vectrice d’une partie de l’ambiance de Bollaert, est complètement fermée. Le stade tourne aux trois quarts. Lens termine la saison à la 12e place, avec le couteau entre les dents, le maintien ayant été acquis à la dernière journée. Le quart de finale de Coupe de France contre Bordeaux, joué cette saison-là, est la seule vraie éclaircie sportive, et malgré la défaite, ce match est considéré aujourd’hui comme l’un des matchs les plus « chauds » de l’histoire récente du Racing, le stade ayant été réouvert en totalité pour l’occasion. Le retour de Martel, responsable de la situation de par son statut de président, revint alors au centre des débats, avec un antagonisme de plus en plus marqué.

Martel prospecte, parcourt l’Europe afin de trouver des fonds, voire l’investisseur idoine qui lui permettra de revenir au club par la grande porte. Et c’est dans un casino de la Côte d’Azur qu’il réussit à mettre le grappin sur celui qui aurait dû être le « rédempteur » du RC Lens : Hafiz Mammadov. Après des mois de tractations, de montages financiers aussi alambiqués que complexes, Gervais Martel annonce son grand retour, main dans la main avec ce mystérieux milliardaire azerbaïdjanais, qui n’économisa alors aucune ressource pour faire comprendre qu’il débarquait à Lens avec de grands desseins, investissant pas loin de 30 millions d’euros dans le capital du club. Land of Fire. On est alors dans une période où le football français découvre les capacités financières quasi illimitées du fonds souverain qatari, nouveau propriétaire du PSG. Gervais Martel revient donc aux affaires, et reprend donc son siège de Président du Racing Club de Lens, liant ainsi son destin à celui d’Hafiz Mammadov. Martel réussit un véritable coup de force, et accrédite alors encore un peu plus la thèse qu’il est le seul à pouvoir assurer un avenir au RC Lens. On se laisse alors bercer par les sirènes orientales venues de la capitale historique du pétrole, Bakou. Pétrole et charbon, l’histoire est en marche.

Sportivement, les choses prirent forme quand Martel annonça avoir obtenu l’accord de Antoine Kombouaré pour prendre la tête de l’équipe. Kombouaré jouissait alors d’une excellente réputation, et ses caractéristiques d’entraîneur semblaient parfaitement correspondre au défi qu’impose la Ligue 2, et sur lequel Lens bute depuis deux saisons. Le mercato est consistant, notamment avec les arrivées d’Areola, de Chavarria, Valdivia ou encore Ljuboja. Mammadov et Martel mettent les petits plats dans les grands lors de la présentation du nouveau big boss à la presse, qui se tint au Pré Catelan, et à laquelle furent conviées de nombreuses personnalités telles que Jean-Pierre Papin. Les joueurs reçoivent des Rolex, et Mammadov descend des bouteilles de Petrus sous le regard des caméras. Les médias couvrent allègrement les frasques de l’oligarque, complètement décalées avec l’esprit de la maison. C’est un changement de culture qui s’opère au club, avec laquelle peu se sentent à l’aise. Pour le futur du club, Mammadov annonce être prêt à faire venir des très grands joueurs, et des noms farfelus, comme Falcao ou Ibrahimovic, sont explicitement lâchés. Le buzz est immense, mais vire au grotesque. La saison 2013/2014 sera tout de même l’une des plus belles saisons de la décennie 2010. En plus d’un parcours honorable en Coupe de France, avec notamment une qualification en prolongations à Gerland contre l’OL? Lens réussit son pari en finissant à la 2e place du championnat de Ligue 2, et assure son retour dans l’élite sur le terrain du CA Bastia. Le retour des joueurs à l’aéroport de Lesquin en pleine nuit est fêté, comme à son habitude, de manière exceptionnelle. Des festivités sont organisées dans le centre ville de Lens. On allait enfin découvrir ce qu’entendait l’Azerbaïdjanais quand il annonçait vouloir le « best in best » au RC Lens.

Chapitre 4 : Un club en voie d’extinction.

Mais très vite, les voyants passèrent du vert à l’orange, puis tournèrent carrément au rouge. Alors que la saison 2013/2014 s’achève, Lens n’a plus aucune nouvelle de son « oiseau rare ». Martel s’affaire pour trouver une solution, et par la même occasion orchestre sa communication afin de limiter les dégâts. Il s’agit à ce moment-là de se tirer d’une affaire qui se complique sérieusement. Les allers-retours entre Lens et Bakou sont réguliers, et l’inquiétude grandit. Et la crise s’amplifia quand le couperet de la DNCG tomba. Lens sera interdit de recrutement à titre onéreux, et la masse salariale sera encadrée. On vit alors quelque chose d’assez singulier, le défi pour Lens sera de se maintenir à l’étage supérieur avec un effectif moindre que celui qui lui a permis de monter, qui plus est dans deux stades qui lui sont « étrangers ». En effet, Bollaert est inapte à recevoir des matchs de football, étant en travaux en vue de l’Euro 2016.  Avec une équipe intrinsèquement moins forte, et composée en grande partie de jeunes joueurs issus de la Gaillette (Cyprien, Bourigeaud, Gbamin, Moore, Guillaume), et de joueurs d’un niveau clairement insuffisant, le Racing, emmené par son entraîneur Kombouaré, s’apprête à faire face à un défi d’ampleur. Pour beaucoup, le sort est tout tracé. Lens finira la saison dans la zone rouge, et prendra l’ascenseur.

Et sans surprise, avec un propriétaire faisant défaut, Lens ne fit quasiment illusion. La victoire surprise à Lyon dès la troisième journée donna de l’espoir, mais dès la 9e journée, les Sang et Or s’installèrent dans la zone rouge, pour ne quasiment jamais en sortir. Pour beaucoup, Mammadov devient le centre de l’attention, et le grand responsable de cette chute, ou plutôt de ce non-redémarrage du RC Lens. Gervais Martel, en attaquant frontalement son ancien allié, tenta de sauver les apparences. Il se démènera pour trouver une solution, disons-le clairement, des fonds. L’absence et le silence de l’Azerbaïdjanais finiront par le « tuer » médiatiquement aux yeux de la grande majorité, approuvant ainsi la thèse qu’un « étranger » ne peut être en mesure de gérer un club comme le RC Lens. Hafiz Mammadov devient alors la cible de toutes les attaques, aussi bien par les médias que par une frange grandissante des supporters lensois.

Les médias nationaux enchaînèrent de plus belle, offrant une véritable tribune à Gervais Martel dans sa guerre médiatique avec Mammadov. Comparé à Jack Kachkar, escroc notoire qui avait tenté de racheter l’OM en 2007, Hafiz Mammadov fut littéralement traîné dans la boue, beaucoup oubliant que l’Azerbaïdjanais avait permis au club de remonter en Ligue 1 la saison précédente, suite à un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Le club doit également sa survie, à ce moment, à un virement de 5 millions d’euros, qui faisait suite à une visite officielle du Président de la République en Azerbaïdjan. L’affaire Mammadov, c’est un véritable thriller politico-sportif, qui nécessiterait l’intervention d’analystes géopolitiques afin d’en faire la lumière complète. Le RC Lens est devenu malgré lui un outil de « soft power » d’un état totalitaire qui cherche à améliorer son image en Occident.

Lens retrouve donc la L1, et joue 16 matchs à « domicile » au stade de la Licorne à Amiens, et 3 autres au Stade de France. Les matchs à La Licorne sont insipides, la majorité des Ultras décidant de boycotter les « déplacements » à Amiens. Les matchs au Stade de France ne furent pas une immense réussite, à l’exception de la « réception » du LOSC qui accoucha d’un match nul 1-1 obtenu dans les arrêts de jeu. Une belle liesse collective et peut-être le seul moment à retenir d’une saison, qui vit Lens réussir l’exploit de ne pas terminer à la dernière place. On aura vécu la saison de la honte. Un vrai chemin de croix, qui fit énormément de dégâts, bien au delà du sportif. Aux yeux de la France du football, le RC Lens était devenu un club en voie d’extinction, condamné à mourir à petit feu, sombrant dans l’indifférence générale, disparaissant des radars. Lens retournera donc à Bollaert, mais en Ligue 2, ayant entériné un petit peu plus encore son statut de « club du passé ». Mammadov débarqué, il fallait pour le RC Lens retrouver un homme fort, mais surtout « des fonds », au risque de poursuivre sa chute, et finir dans les abysses du football hexagonal.

Chapitre 5 : Du fond vint le rebond

Très vite, des rumeurs se propagent sur le rapprochement opéré et officialisé fin 2016 entre le RC Lens et le Groupe Lempereur, concessionnaire automobile à succès du bassin manier. Tout le monde fantasme que ce brillant entrepreneur qu’est Monsieur Lempereur puisse devenir à terme l’héritier de Gervais Martel. « Un gars d’chez nous » pour gérer « le club d’ici ». La thèse de l’homme du sérail reprend alors toute son épaisseur. Antoine Kombouaré, encore sous contrat, décide de poursuivre l’aventure jusqu’à son terme, et terminera le championnat 2015/2016 à la 6e place. L’actionnariat du club devient un panier de crabes, et subit de plein fouet la financiarisation du football. En 2016, l’Atlético de Madrid entre dans le capital du club pour gérer la partie sportive. Amber Capital, via la société Solferino, est déjà de la partie, et se voit confier la gestion financière du club. Hafiz Mammadov, quant à lui, disparaît du jour en lendemain. La saison 2016/2017 démarre avec un nouvel entraîneur ; Alain Casanova. Ce dernier a fait ses armes au Toulouse FC, et est précédé d’une réputation de technicien, adepte du jeu de possession. Concernant la gouvernance, le public ignore de quoi sera alors fait l’avenir du Racing. Un club satellite du club madrilène ? C’est effectivement le projet qui semble se dessiner (sous le nom de code « Charbon Project ») avant de finalement capoter. L’Atlético de Madrid et Solferino rencontrent des difficultés à collaborer efficacement, et Lens échoue dans son entreprise de remontée, bien qu’ayant été en position de leader entre le 29e et la 31 journée. Le finish fut des plus dramatiques, puisque c’est le but amiénois de la 96e qui rétrograda Lens à la 4e position, hors barrages à cette époque-là.

La fin de la Martelie

Lens démarra la saison 2017/2018 de la pire des manières. La collaboration avec l’Atlético de Madrid nuit dangereusement au Racing. C’est même une catastrophe, l’une des pires vécues par le club depuis sa création. Le mercato réalisé durant l’été 2017 est des plus surprenants. Les recrues s’empilent, venant de tous les horizons. (Lemos, Lendric, Tasoulis, Dankler, Markovic, Bayala). Sur les sept premières journées du championnat de Ligue 2, Lens réussit la funeste performance d’en perdre… sept. Une performance qui jeta l’opprobre sur le Racing. La risée du football français. Lens réapparaît alors sur les écrans de télévision, mais pour la pire des raisons. Critiqué pour la gestion de la fin de saison précédente, Casanova est la cible de toutes les critiques. Le public chante sa demande de démission. Le board suivra, et le Toulousain fut débarqué après la 4e journée, et une nouvelle défaite, contre Brest à domicile. Sikora est alors intronisé entraîneur, une nouvelle fois pour éteindre un incendie qui menace de balayer la maison Sang et Or. Cette saison est à tous les niveaux le pire exercice de l’histoire moderne du RC Lens, mais aura permis à ce dernier de faire sa mue. On peut même parler de profonde métamorphose. Car c’est le moment choisi par Joseph Oughourlian pour passer à l’attaque, ce dernier rachetant l’ensemble des parts du club pour en devenir le seul et unique propriétaire. Très vite, la grande majorité des joueurs recrutés par la direction sportive de Jocelyn Blanchard sont écartés. Ce dernier sera même très vite mis sur la touche. Avant que ne vienne le tour de l’illustre président Martel. L’onde de choc est absolument énorme. Presque traumatisante pour un bon nombre des supporters lensois, plein de nostalgie et fervents supporters de Gervais jusqu’à la dernière heure. Le 30 Septembre 2017, Arnaud Pouille, homme de confiance de Joseph Oughourlian, est nommé Directeur Général du Racing Club de Lens, en remplacement du Président et Directeur Général Gervais Martel. En plus d’un remplacement d’hommes, on assiste à une modification de la gouvernance du club. Plus que tout, cette décision marqua la fin d’une ère. L’Ere Gervais Martel.

Arnaud Pouille est un homme de la région, étant né dans le Pas-de-Calais. Diplômé de l’ESSEC, il devient rapidement le Directeur Administratif et Financier du Stade Français Paris, de 2000 à 2006, puis rejoint le Groupe Sportys avant d’être propulsé Secrétaire Général de la Ligue Nationale de Rugby. Avant de rejoindre le RC Lens en tant de Directeur Général, il fonde une société d’événementiel du nom de HFS. Fin 2017, Arnaud Pouille est donc nommé Directeur Général du RC Lens pour un mandat de trois ans, (ndlr : qui a été reconduit fin 2019).

A leur arrivée, les craintes autour du projet de Joseph Oughourlian sont réelles. Sans son président fétiche, avec qui il semblait avoir scellé une union « à la vie, à la mort », qu’allait devenir le RC Lens ? Celui-ci fait, en plus, face à un danger de mort sur le terrain sportif. Sur le papier, Solferino, société contrôlée par Amber Capial, et dont le boss est Joseph Oughourlian, n’avait absolument rien pour rassurer la communauté Sang et Or. La réputation des fonds d’investissements, et l’opacité de ceux-ci, rendaient toute projection absolument impossible.

Joseph Oughourlian est né à Paris, passé par Sciences-Po et HEC, il fait ses premières armes à Wall Street, où il se construit rapidement une fortune. Puis, il créé sa propre structure, Amber Capital, qui gère aujourd’hui près de 1,5 milliards de dollars d’actifs. Joseph Oughourlian est un activiste, c’est-à-dire qu’il est spécialisé dans le rachat d’actifs en difficultés, en vue d’une optimisation puis d’une revente à plus-value.

Forcément, associer son futur à un fonds d’investissement, alors que le sportif est au plus mal, a de quoi au mieux intriguer, sinon faire clairement peur. Les exemples de clubs qui ont été dilapidés par des fonds d’investissements rapaces sont nombreux, et aujourd’hui l’actualité des Girondins de Bordeaux n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Une fois aux commandes, et donc seul pilote à bord, Joseph Oughourlian engage une véritable révolution de palais, et ce alors qu’on se trouve en plein milieu d’une saison aux allures apocalyptiques. Joseph Oughourlian investit massivement, près de 40 millions d’euros, afin d’équilibrer un club qui vit largement au-dessus de ses moyens depuis qu’il végète en Ligue 2. Les départs sont nombreux, et le « copinage » n’est plus de mise. Des historiques du club, aussi bien sur des fonctions sportives qu’administratives sont remerciés, et le club démarre sa profonde mutation sous la supervision du nouvel homme fort du club, Arnaud Pouille

Est-ce une coïncidence, ou non, mais suite aux changements en interne, et à la nomination de Sikora, le club se redresse sportivement. La bataille fut âpre jusqu’à l’obtention du maintien, mais le pire est évité, alors que peu ne croyaient le RC Lens capable de se sortir du bourbier dans lequel il s’était empêtré en perdant les sept premiers matchs de la saison. Sikora, qui aura réussi sa mission une seconde fois, sera remercié et remplacé par Philippe Montanier, coach à notoriété qui officiait depuis de nombreux mois à la Direction Technique Nationale. Beaucoup regrettèrent le fait que Siko n’ait pas été prolongé, lui qui a à chaque fois dû redresser l’équipe sans avoir eu la main sur les éléments de préparation d’avant-saison. Mais les temps ont changé, et le club suit désormais une doctrine claire : la recherche de l’excellence, à tous les niveaux.

Sikora, le plus grand pompier du NPDC (crédit : l’Express)

Chapitre 6 : le financier et son mégaphone

L’intersaison 2018/2019 est emplie de promesses. De nombreux joueurs rejoignent le RC Lens. Le mercato est consistant, fort de joueurs expérimentés (Gillet, Leca), en pleine progression (Centonze, Gomis) ou à la relance (Fortes, Haïdara). Certains paris sont également tentés, avec plus ou moins de réussite (Radovanovic, Bencharki, Ambrose). Le projet est alors de monter en un voire deux ans. Miraculeusement, Lens accrocha la 5e place au soir de la 37e journée, pour ne plus la lâcher. La victoire 5-2 contre Orléans lors de la dernière journée, dans un Bollaert en fête, permit au RC Lens de valider sa participation aux playoffs de la Ligue 2. Batailler jusqu’au bout, et croire en ses rêves. Les matchs de « playoff » ainsi que la double-confrontation contre Dijon resteront dans les mémoires de toutes et tous. Quelque chose s’était réveillé. Dans le football, si seuls les résultats comptent, la manière et la dynamique sont des facteurs d’importance. En dépit d’une énième terrible désillusion, qui fit vaciller la communauté lensoise, plus que jamais désespérée du sort qui s’abat sans relâche sur le club, le RC Lens semblait toutefois s’être trouvé une solidité, un cadre. Dépasser la simple sanction des résultats, pour analyser les choses avec du recul. Cette défaite devait être le point de départ d’un succès plus grand. Au club, tout le monde tire enfin dans le même sens, et l’objectif de remontée est affichée dès la sortie du terrain de Gaston-Gérard, en témoigne la remobilisation immédiate de Philippe Montanier auprès de ses joueurs. La saison 2019/2020 est tout de suite dans les esprits de tout le monde. Joueurs, staff, dirigeants, supporters, un pacte tacite était scellé entre tous les acteurs pour aller décrocher la montée la saison suivante, et faire en sorte que le succès épouse de nouveau les couleurs Sang et Or.

A l’orée de la saison 2019/2020, la direction sportive fut renforcée par l’arrivée d’un coordinateur sportif, Florent Ghisolfi, ancien adjoint de Landreau à Lorient. Ghisolfi travaille sur le recrutement mais également sur la vision « football » du RCL. Moins de joueurs prêtés, et des profils plus expérimentés sont visés, et signés (Cahuzac, Diallo). D’autres paris sont tentés, avec un bilan globalement positif (Michelin, Jean au mercato d’hiver). Les ventes de joueurs à valeur marchande sont toutefois nécessaires (Chouiar, Centonze, Diarra) afin d’assurer cet équilibre budgétaire, encore et toujours déficitaire. Les jeunes promesses sont prolongées (Oudjani, Boli, et surtout Doucouré). En bref, malgré une fin de saison dramatique, l’effectif du RC Lens semble une nouvelle fois compétitif, taillé pour jouer la montée dans un championnat de Ligue 2 plus compétitif que jamais. En dehors des terrains, Lens poursuit sa mutation. Le plan communication est également travaillé avec minutie. On apprend alors que le club a accepté la proposition d’Elite Production, société gérée par Luc Dayan, en vue du tournage d’une série TV immersive présentée comme une version française de la célèbre production Netflix « Sunderland Till I Die ».

Bien qu’il soit difficile de parler de la saison 2019/2020, on peut quand même affirmer qu’elle fut une réussite. Le faux départ a vite été corrigé, et le RCL aura réussi à occuper les deux premières places du classement 18 journées sur les 28 disputées. Au soir de la défaite contre Caen (1-4), qui vit Lens rétrograder à la 3e place, le board prit un énorme risque, en décidant de se séparer de Montanier, immédiatement remplacé par Franck Haise, entraîneur de la N2. A ce moment-là, le Racing semble une nouvelle fois perdre pied, et les fantômes du passé vinrent immédiatement hanter les esprits de tous. L’avion décrochait, et sans ce formidable coup de maître, Lens serait aujourd’hui de l’autre côté de la barrière. Haise, qui remporta ses deux rencontres à la tête de l’équipe, permit au RC Lens de reprendre la 2e place juste avant l’arrêt des championnats, provoqué par la crise sanitaire liée au Covid-19, qu’absolument personne n’avait pu prévoir. Le sort penchait enfin du côté du Racing. Le 30 avril 2020, Lens est promu en L1, dans un contexte très particulier. Mais l’essentiel est là ; l’objectif « montée en Ligue 1 » est rempli, après cinq saisons d’errances. Joseph Oughourlian, avant que la montée ne soit officialisée, avait même voulu réaffirmer son engagement dans le projet en s’engageant à réinjecter plusieurs dizaines de millions d’euros afin de couvrir le déficit structurel du club. Au RC Lens, rien n’est plus laissé au hasard, et la gouvernance générale semble suivre l’adage « anticiper c’est régner ».

Joseph Oughourlian et Arnaud Pouille font pour le moment un sans-faute, et vont désormais se frotter à l’élite du football français, ayant réussi à valider la première étape de leur entreprise au RC Lens ; le retour de Lens en Ligue 1. Mais le duo est en train d’accomplir quelque chose d’encore plus puissant ; briser une croyance sécularisée, et qui bridait certainement le RC Lens dans son adaptation au football moderne, virage qu’a manqué Gervais Martel il y a près de quinze ans. Cette croyance, c’était celle qui prophétisait que le Racing Club de Lens était lié ad vitam aeternam à Gervais Martel, et que seul un président originaire de la région pouvait diriger le club Sang et Or. Qui avait pu croire que Joseph Oughourlian, homme d’apparence plutôt froide et issu de la haute bourgeoisie franco-libanaise, deviendrait l’homme providentiel du club ? Bien qu’Oughourlian puisse être vu comme la personnification de tout ce qui s’oppose au bassin minier, il a su brillamment s’adapter, s’intégrer et apprivoiser un environnement désespéré et plus méfiant que jamais. Pour ce faire, il s’est entouré de personnes compétentes, originaires ou non de la région. Il se rapproche même d’un monde qu’il n’avait certainement pas imaginé un jour fréquenter, venant régulièrement au contact des supporters, en tribunes ou dans la vie de tous les jours. Joseph Oughourlian, c’est ce financier de Wall Street qui harangue les supporters au mégaphone et dont les « gosses portent le maillot de Lens ». Son défi est immense : recréer une dynamique vertueuse au RC Lens, et faire en sorte qu’il retrouve sa gloire d’antan. L’institution RC Lens, terme certes galvaudé mais non moins cher aux publics de football, devra être respectée. Gervais Martel, qui entretient aujourd’hui de très bonnes relations avec la gouvernance actuelle, en est une des plus belles cautions. Gervais Martel est toujours présent au club, et officie depuis 2018 dans un rôle de Président d’Honneur qui lui sied à merveille, et dans lequel il continuera d’exceller à coup sûr.

Ecrit par L2F.

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