J-1 : Nice to Me Too

Me Too. Oui car il s’agit d’un viol. Un braquo. Déçu. Dégoûté même. Le terme est un peu fort ? Non, pas vraiment. On perd à Nice, prétendant à l’Europe, pour notre premier match en L1 depuis près de cinq ans et on en arrive à être DÉGOÛTÉS ! Rien à badigeonner qu’on ait réussi à ne pas être ridicules. On a joué un tout petit Nice, en reprise, et perdu un match qu’on aurait a minima dû gagner. Si ce n’est écraser. Les expected goals sont éloquents : supérieur à 3 pour Lens, autour de 0.15 pour Nice. Pour un retour dans l’Elite, un cassage de granny blonde siliconé aurait été tout à fait délicieux. Au lieu de ça, on va machouiller notre remord, avec une pointe de fierté tout de même. Le tableau n’est pas tout noir, ou s’il l’est, d’un joli noir, plutôt esthétique, digne de Soulages. Surtout, on espère que cette déconvenue sera bientôt rangée dans le fameux dossier des « défaites encourageantes ». Dégoûté, mais en partie rassuré. Et toujours fier. Bienvenue en Ligue 1 les frangins !

Dimanche après-midi, 16h30. Heure du réveil cardiaque. La cuite du samedi soir me rend physiquement fragile. C’est désormais au niveau psychologique que je sens poindre de légers craquèlements. Double peine, et il me faut bien une grande bouteille de San Pé pour calmer les maux de tête, et noyer le petit papillon qui commence à s’agiter dans mon estomac. Comble du comble, le match se déroulera chez la belle-mère, alors que tout supporter lensois sait qu’une rencontre de cette importance doit se mater dans un environnement clos, loin de toute distraction exogène au RC Lens. C’est donc isolé dans une chambre, et sur mon téléphone, que je décide de regarder ce premier épisode de la nouvelle saison des Sang et Or.

Dans ma tête ça fait boum boum

Beaucoup de tension. Mais énormément de kiffe. Revoir du football, déjà. Avec Lens, en plus. Et en Ligue 1, pour sublimer le tout. L’Allianz Riviera ressemble à ce coquillon vide qu’on ramasse sur les horribles plages de galets de la Côte d’Azur. Le terrain semble d’une grande qualité. Le coup d’envoi est donné. Notifications WhatsApp, Twitter et de l’application RC Lens désactivées, on se plonge à 100% dans la partida ! Ça y est, Lens est de retour en Ligue 1.  

Dès les premiers instants, le bloc haut des lensois gène terriblement les nissards. La marée haute, sur les bords de la Méditerranée, ils ne connaissent pas. Passe courte, passe longue, rien n’y fait. Le jeu est cadenassé par les hommes d’Haise. La casemate lensoise se construit, solide sur ses appuis. Et très vite, les Sang et Or pilonnent. Et puisque la VAR est une technologie sur laquelle je chie assez régulièrement depuis son implémentation, il était de bon ton que le destin nous amène à un enjaillement préliminaire grâce à cette dernière. Sur un centre malicieux de Ganago, qui ressemblait plus à un tir en retrait qu’une potentielle passe décisive, Dante touche le cuir de la main, et la machiavélique technologie accorde un penalty au RC Lens.  

GK10, revenu au pays pour mener l’attaquer lensoise ruiner des égos, se chargea lui-même d’exécuter un Benitez prompt à plonger du bon côté. Une balle, un headshot. On joue la 11e minute de jeu, et LENS MÈNE 1 A 0 A NICE ! Kakuta s’empresse de chercher la balle dans le but, pour le glisser sous son élégant maillot blanc. Une célébration pour célébrer la naissance d’un bébé, signe avant-coureur de l’amour qu’il fera avec tant d’élégance à Claude-Maurice.

Dans ma tête, c’est un peu comme juste après le départ d’une course Fall Guys ; le bordel. Les petits bonhommes représentant l’espoir s’entrechoquent avec maladresse sur ceux de la panique. Et pourtant, Lens tient son adversaire par le col du polo Arthur Vicomte, pour ne pas le lâcher.

La température monte autant que le pouls, mes mains deviennent moites. Il fait de plus en plus chaud dans la petite chambre du second étage chez belle-maman. Rien n’y fait, je me trouve dans une sorte de PLS de circonstance, oscillant chaque seconde entre confort et besoin vital d’air frais. Je me vois louvoyer pendant une heure et demie. Mais le jeu proposé par nos petits amoureux est léché comme une glace à l’italienne sur la Promenade des Anglais. Le pressing fait mal aux Aiglons, réduisant ces derniers à un rôle de simples sparring partners. On croirait presque assister à un combat de Tony Yoka. Un pote me dit par message : « J’ai l’impression de voir Lens en Ligue 2 (ndlr : dominateurs), sauf qu’en face c’est Nice ». On kiffe vraiment fort. Surtout lorsque Boura intercepte en zone basse. Le relais de Cahuzac pour Doucouré est suivi d’une passe appuyée vers Kakuta, qui dévie lui-même vers Ganago, pour une une-deux sublime qui se terminera par une ouverture millimétrée vers Sotoca, qui désaxe. Petite promenade de santé dans le Mercantour pour bien oxygéner les esprits et ce avant de recevoir le QSG la nouvelle trêve internationale du Covid (ndlr : le match Lens – Paris étant reporté à une date ultérieure). Le montpelliérain, encore bien en verve ce dimanche, centre fort devant le but pour Ganago. Blackout, l’immanquable est manqué. La balle du 2-Zer était au bout du pied du camerounais. La balle de break, comme on dit au tennis. La presque assurance de repartir avec au moins un point. Premier rictus sur mon faciès. Le sentiment désagréable d’un potentiel énorme gâchis se diffuse alors en moi.

Le pied de Ganago dimanche aprem

Car forcément, dans ce genre de cas, la punition ne se fait pas attendre. Le martinet reposait sur le coin du buffet, et ce depuis la première seconde. Il fallait être insolents, tout en restant intraitables. Sur un bon travail collectif initié par Thuram Fils et Dolberg, le ballon arrive sur Gouiri, qui se sert alors du remuant Kamara comme appui, avant d’envoyer une merveille d’enroulée en pleine lulu. La baliste niçoise a déjà frappé. Jean-Louis, qui s’était jusqu’alors plus touché les couilles que le cuir, est archi battu. Nice revient à 1-1 juste avant la pause pipi de la 25e minute.

S’en suit une reprise d’activité tout aussi belle côté lensois. Haise gueule sur le banc de touche un « on repart » parfaitement audible. Et les gars ne peuvent pas faire semblant de ne pas l’avoir entendu. Le message est passé, les joueurs repartent de l’avant. En fait, ça joue très bien, Medina, Badé et Gradit prennent systématiquement le dessus sur les attaquants niçois. Le milieu presse haut, et les combinaisons sont bonnes.

Alors que la VAR aurait également pu être doublée, le score est bel et bien de 1-1 à la mi-temps.

La chaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaatte !

La seconde mi-temps ressemble très vite à la première. Lens, certes un tantinet moins fringuant, continue de dominer son adversaire. On se met à croire que le match nul sera le minimal syndical à la sortie de ce match d’ouverture, tant Nice ne montre rien. Sur un ballon de Clément Michelin, Banza exécute un magnifique contrôle orienté, aspirant d’une traite le jeune Pelmard pour finalement buter sur un Benitez déjà bien caliente. Une nouvelle énorme occasion (expected goal pour la startup nation footballistique), venue d’une énième action de jeu hyper plaisante. On ne reconnait plus du tout notre Racing club de Lens.

Raclement de gorge.

Le ballon est chaudement préservé dans les mains de Leca, qui s’évertue depuis le début du match à relancer court. Petite prise de risque avec la volonté de toucher rapidement Medina, qui se trouve alors plein axe aux 25 mètres. Malheureusement pour « nuestro hombre de la villa Fiorito », un contrôle foireux vint jeter au sol ce qui semblait être une prestation de haut vol pour un retour en Ligue 1. Cry me a river. Gouiri, encore lui, nous fait une répétition du premier goal avec un nouvel enroululu.

Chiale.

Ni la frappe de Jean, captée aisément pas Benitez, ni la tête du surpuissant Badé, colossal ce dimanche pour avoir mis Dolberg dans la poche de son blue jeans, ne parviendront plus à surprendre le portier niçois.

Les joueurs :

Leca : Rien à faire, à part la collecte de deux châtaignes dans ses filets. 12% de responsabilité sur le deuxième but selon OptaBM.

Michelin : Droit comme un piquet, torse régulièrement bombé, cheveux peroxydés, Clément a la dégaine du mec qui a passé ses vacances sur la French Riviera. Match sérieux défensivement, mais centres globalement foireux. Aurait pu être décisif quand il a touché Banza.

Gradit : Casseur de ligne attitré dans le Onze d’Haise, match sérieux mais a oublié de monter fort sur Gouiri sur le deuxième but.

Badé : o Monstro. Lui, on va en parler toutes les semaines. 8e match en pro, et sa valeur marchande est déjà à 25M€. Dans 6 mois, on l’annonce au Real Madrid.

Medina : El Gringo aura foiré sa première sous la tunique Sang et Or. Foiré ? Oui, car le but est grandement pour lui. Autrement, son match était sérieux. Des interventions nettes et agressives. Il va monter en puissance. Sur le terrain comme dans mon cœur.

Boura : Première intéressante du Limougeaud. Timide au début du match, il aura pris confiance en seconde période. A l’aise avec le ballon. Mais on sent qu’il restera 3e dans la hiérarchie.

Remplacé par Sylla : Première pour l’ex-Toulousain, que beaucoup qualifient de peintre. Entrée intéressante, et quelques centres précis. Dont une sublime parabole sur la presque tête de Banza.

Cahuzac : Un petit jaune à Nice. Et des cacahuètes. Match sérieux pour le grand frère.

Doucouré : Dans l’ombre, clairement. Beaucoup d’intensité dans le pressing. Il va être l’une des clefs du système de Haise cette saison. Son association avec Seko fait déjà saliver.

Kakuta : Le génie. Première à Lens, et déjà buteur. Influent sur toutes les actions lensoises en première mi-temps, il a baissé en intensité lors de la seconde, faute à un manque de rythme certainement. Pourrait faire des apparitions régulières sur Pornhub cette saison.

Remplacé par Mauricio : Entrée difficile de Tony. Il lui faudra certainement quelques matchs pour apprivoiser la Ligue 1.  

Sotoca : Match complet d’un joueur complet. Il est hyper utile dans le onze (en attendant mieux). Etat d’esprit parfait, on a envie de l’aimer de manière inconditionnelle. Aurait dû mieux finir une action en deuxième période.

Remplacé par Jean : Sortie sérieuse de Coco Jean, avec de l’intensité et des tentatives pleines de spontanéité.

Ganago : Premier match officiel, et retour as barak pour Ignatius. Match intéressant sur beaucoup d’aspects (présence physique, pressing, contruction), mais malheureusement pas là où on l’attendait vraiment (devant le but).

Remplacé par Banza : Bonne rentrée de Babyface Killah. Une tête manquée sur le centre du Sylla, et un bijou de contrôle pour fossiliser Pelmard.

BM en LIGAAAAAAAAAAAAAAIN !

Ecrit par L2F

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