J-4 : La Garonne à l’abri ?

Comme le veut la coutume chez Bollaert Mécanique, c’est celui qui n’a pas vu le match qui se coltine le résumé (il faut bien trouver des moyens pour continuer de produire un petit peu), et c’est donc TontonFriedrich qui a l’honneur de débriefer cette quatrième journée, et de rédiger son article annuel. On se met dans l’ambiance, nos lensois jouent de nouveau à la maison avec une affluence réduite, sans réel apport du fameux « 12e homme ». Les bordelais arrivent chez nous invaincus, avec la ferme intention de le rester.

Une rencontre qui commence de manière triste et solennelle avec une minute de silence en l’honneur de Monsieur Desiage parfaitement respectée. Les consécutifs applaudissements primesautiers de nos supporters en hommage à cet arbitre ne témoignent-ils pas de l’amour que portent les Hommes à ce merveilleux sport qu’est le football ? On relativise. Ne sommes-nous pas que des poussières d’étoiles (parfois peu) évoluées, lointains cousins d’organismes unicellulaires, ou bien de myriapodes, perdus dans l’immensité de l’univers, tâchant d’occuper le néant de notre existence et de trouver des réponses à la grande aventure qu’est la vie par de futiles distractions comme le football ?

1’ : Les gars rentrent plutôt bien dans le match, et le sens de la vie leur semble pour l’instant être tout trouvé, rentrer fort vite et bien dans la couenne des bordelais. Les délices du replay me rappellent la vraie valeur ajoutée des commentateurs, avec des analyses brillantes comme « l’équipe qui gagnera le plus de duel sera en bonne posture pour remporter ce match ». (Un théorème sûrement valable partout en France, mais certainement pas dans le Pas-de-Calais.)

De Préville semble en jambes sur ce match, et là, je me rappelle en souriant qu’il est dans mon équipe MPG. Je prends ensuite conscience qu’on a gagné 2-1, que ce match est un replay, que De Préville ne marquera pas, et me remémore avec tristesse que De Préville est titulaire dans mon équipe MPG.

3’ :  Notre replacement défensif est plutôt intéressant, le travail est fait intelligemment. Gaël commence à s’échauffer en chipant une balle ( ! ), part au but ( !! ), et loupe une occase en oubliant FS7, esseulé comme une antenne 5G en France. Les amish de vos amish sont en PLS.

6’ : Fortes prend son carton syndical en ne réussissant à ne se séparer ni du ballon ni du marquage bordelais, et prend la pression dès la 6e minute. Certainement de très bonne augure pour les 83 minutes restantes.

7’ : Une petite combinaison intéressante des bordelais, pif-paf-pouf en deux temps trois mouvements ça se retrouve dans la glotte de Jean-Louis, qui n’a toujours pas eu l’occasion de se chauffer les mains après ses derniers matchs passés à jouer de la guitare dans les buts.

Quelle que soit la situation défensive et l’angle d’attaque adverse, nous sommes agressifs à la récupération, notre bloc est compact, massif, homogène, alerte et isotrope. Un Ganago grand cru tente de se projeter rapidement dans le domaine bordelais, et récupère un coup-franc qui ne donnera évidemment rien. (Encore à ce jour, mon dernier coup-franc vu au fond des filets demeure celui de Rothen contre les Iles Feroë.)

13’ : Après un contre rapidement joué, FS7 déborde pour l’immense Big Kak’, qui délivre une merveille de caviar dans l’intervalle pour Ganago. Nouvelle occasion de scorer dans la surface, mais une frappe trop croisée nous fait déjà regretter cette balle perdue.

Petit rappel utile : on joue plutôt bien, Bordeaux n’a pas concédé trop d’occasions depuis le début de la saison, on est déjà à 2 énormes occasions en 15 minutes qui auraient pu faire mouche. Je vous rappelle que vous êtes toujours sur un blog de fans du Racing Club de Lens, et vous l’êtes sûrement également.

16’ : Nouvelle faute de Fortes qui a très envie de prendre son 2e jaune, nouveau coup franc pour Bordeaux. Oudin délivre un amour de centre qui finit sur la caboche du vétéran Koscielny, qui par tradition et respect de ses origines, décide d’être très fair-play avec une région ayant largement accueilli la diaspora polonaise, et choisit de ne pas cadrer non plus pour l’instant. On apprécie le geste, balle au centre, ça joue.

21’ : Le Douc’ se jette avec gourmandise sur De Préville (qui, je vous rappelle, est toujours dans mon équipe MPG) comme un nordiste sur un welsh, prend un très joli carton jaune que notre Cheick national accueille avec un sympathique sourire carnassier et nous avec beaucoup de plaisir (#footballvrai).

Le Douc’ part à la pêche aux girondins (Crédits Téléfoot)

22’ : FS7 est seul aux 30 mètres, décide de prendre les choses en main (en pied, en l’occurrence), balance un amour de praline effleurée par Costil. Ça fait vibrer le poteau bordelais, c’est très mal payé, mon purpura me reprend, et je commence vraiment à me demander si mon myocarde va tenir le rythme toute cette saison. Où sont les centres moisis et les tirs en Trannin ? Pourquoi n’avons-nous pas été prévenus par des consignes très simples « ces sportifs sont des professionnels, ne refaites surtout pas cela chez vous » ?

Suivent quelques corners, (bien frappés, vous ne rêvez pas) des situations où on se rapproche du but, en commençant à prendre l’ascendant sur l’adversaire. On décide de ne pas marquer, et la pression s’intensifie.

37’ : Le Douc’ en veut encore, slalome à l’entré de la surface et voit sa frappe déviée par l’infernal Costil, nouveau corner. L’action rebondit, Kakuta a envie de s’amuser avec des joueurs bordelais comme Obélix avec des légionnaires romains, et suite à un une-deux d’école et un superbe centre, amène un but sur un plateau à Ganago, qui marque. Mais que Costil arrête.

45+2’ Jean-Louis repose sa guitare et capte une belle frappe sur une des rares incursions bordelaises plein axe, c’est la mi-temps. Suite à sa première vraie prise de balle dans les mimines (après son arrêt de la glotte), un protocole sanitaire est imposé à JLL qui doit passer ses gants au sanytol par respect des gestes-barrières.

46’ : Reprise, Ganago ressent de nouveau bien le coup, sait provoquer les erreurs de la défense avec le pressing haut des lensois, et de nouveau filet pour Ganagoal. Premier but encaissé pour les Girondins, Ignatius encore décisif, tut tut les jaloux.

50’ : Nicolas De Préville transforme sans marquer d’essai, ce coup-franc mis en orbite me rappelle toujours avec tristesse que je l’ai dans mon équipe MPG.

54’ : Clauss se bat comme un beau diable, merveille de pressing, centre dans la boite, pour Ganago qui s’effondre dans la personne. YAPENO ?

57’ : Après moult visionnage, aucune certitude réelle, la VAR qui devait résoudre tous les problèmes n’apporte pas grand chose (c’est à dire en l’occurrence : rien), mais YAPENO (+ rouge). Ganagoal est encore décisif en provoquant la faute. Vous avez dit mauvais transfert ?

58’ : Big Kak’ flingue les filets, 2-0

Lens est à 11 contre 10, mène 2-0 à la maison. Il est donc tout à fait naturel d’en prendre un d’une manière ou d’une autre, réponse dans une grosse demi-heure.

63’ : Je n’ai toujours pas compris par quel miracle un espoir comme Fofana en est venu à fouler la pelouse de Bollaert, mais c’est désormais chose faite. On les presse, on les prend haut, on les cuisine et on les mange. C’est très plaisant.

Maïté aime les grosses anguilles - [YTP FR] - YouTube
Cuisiner à la bordelaise, c’est avant tout de la générosité

Oui, on continue d’aller les chercher haut avec de l’agressivité, les Bordelais ne se sortent pas de notre pressing et le temps joue en notre faveur. Ce blog est toujours tenu par des supporters du Racing Club de Lens.

69′ : C’est cafouillon dans la surface, mais on est encore dangereux. Plus proches du 3-0 que du 2-1, mais pour combien de temps encore ?

75′ : Le supporter lensois ne manque pas d’humour, et après de belles années purgées en L2, se permet de chambrer un solide pensionnaire de L1.

78′ : Nos gars continuent d’attaquer, Jean (rentré précédemment) tente sa chance sans réussite, et Médina est à deux doigts de tripler la mise. On continue de couper les liaisons dangereuses, c’est toujours très plaisant.

81′ : De Préville sort sans marquer, c’est très bien mais un petit plaisir égoïste me rappelle que je vais encore prendre une raclée sur MPG.

90+2′ : Jean-Lou travaille ses gammes dans les bois, et attaque sa deuxième reprise de Money For Nothing.

90+5′ : Les lensois ne sont guère mélomanes, et après un coup-franc concédé bêtement, décident de faire un peu bosser Leca. On ne comprend pas trop comment, mais la balle arrive dans les filets lensois, avec une belle tactique défensive de type « putain mais c’était le tien lui normalement ! ». Jean-Lou a à peine le temps de reposer la guitare, Kalu a déjà poussé la balle dans les filets.

Nous avons enfin la réponse aux interrogations suscitées plus haut à la 58′ et à la 69′ : c’est maintenant. Le slipomètre repasse subitement dans le rouge pour quelques secondes, avec l’idée persistante que notre ADN est tout à fait capable de nous faire perdre le match.

Cette image a un attribut alt vide
Fébrilité lensoise : fin de partie !

Slipomètre intense pour quelques secondes, avant que Monsieur l’arbitre ne siffle la fin des hostilités, 2 buts marqués pour 1 encaissé qui restera anecdotique (jusqu’au goal-average de la 18e place à J-38).

Troisième victoire d’affilée qui nous prouve à tous que conserver Franck Haise était vraiment une mauvaise idée, nous ne possédons aujourd’hui que 9 points sur 12 possibles. Un bilan mitigé, quand on sait que tous nos spécialistes avertis avaient eu la bonne idée de proposer de virer la moitié de l’équipe et le coach. Poursuivons notre chemin de croix, en espérant que nous gagnerons enfin dans nos prochaines rencontres, et que le groupe ne se délitera pas après cette avalanche de prestations indigentes.

Les Girondins n’avaient pas encore pris de buts depuis le début du championnat, ils repartent de Lens avec des sacoches plutôt bien remplies par un promu, avec un supplément bagage qui ne demandait qu’à être bien plus conséquent (méfiez-vous des vols low-cost !). Lens déploie du jeu, ne s’affole pas, relance proprement, presse haut, les gars bossent les uns pour les autres. Quand on a eu Guirane Ndaw titulaire et des débuts de saison à 7 défaites consécutives, que voulez-vous de plus ?

Le groupe de cette année ne gagnera pas tous ses matchs de la sorte, il y aura des victoires moches (on aime) des défaites contre le cours du jeu (on aimera moins), mais tant que la hargne et la débauche d’énergie seront au rendez-vous, les efforts faits de manière collective et solidaire, ces gaillards là nous rendront fiers, et peuvent très vite devenir adorés dans nos petits cœurs de nordistes.

Mis en bouteille (hydro-alcoolique) par @TontonFriedrich

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :