J-1 : Roazhon et sentiments

On n’avait pas envie de lâcher, mais on ne savait plus. C’était trop dur, même pour des exégètes du Racing, de commenter des matches auxquels on n’avait plus le droit d’assister.
Après 10 ans à bouffer du Lens-Niort sous l’égide de Jean-Louis Garcia et autres esthètes du plan de jeu à la « on est resté compact mais on a manqué de justesse dans le dernier geste » persifflé après une défaite 0-2 sans un tir cadré, être privé du Racing à Bollaert dans une telle saison nous a achevé à petit feu.
Cette saison… celle qui aurait dû nous récompenser de tant de résilience déployée à soutenir une équipe parfois plus proche du Cécifoot que de foot pro. Celle qui a vu Badé et Kakuta briser des reins par dizaines, Clauss et Douc’ exploser aux yeux de la France et Haise donner un masterclass d’audace aux entraîneurs chevronnés. Celle qu’on n’a pas pu vivre au stade… Et on aurait donné cher pour pouvoir sortir blasé du dernier Lens-Monaco de la saison dernière, pour refaire 100 fois le match, soliloquer sur le poteau-de-Seko-qui-aurait-tout-changé. Déjà parce qu’on y serait allé. Surtout parce qu’on y serait allé. Et parce que ça change tout.

« Monaco qui joue une saison complète à huis-clos, c’est clairement un avantage. C’est comme s’ils faisaient la saison complète à domicile. »
Alexis de Tocqueville.

Alors BM a rendu les armes et n’a pu écrit depuis 6 mois sur le Racing-Club et on espère que nos non-lecteurs nous pardonnerons. Faut dire qu’à BM, on n’aime pas trop le foot, on aime Lens. Et Lens qui fait une superbe saison en huis-clos, quand bien même on a fini à la lensoise ® (en réussissant à avoir des regrets à la fin alors qu’on avait initialement aucun espoir), c’est pas Lens.

Comme un symbole, la saison II de notre retour dans l’élite débute face à ceux qui nous ont doublés en mai dans la dernière ligne droite, braquant Badé au passage comme s’il était un simple « prometteur défenseur castelroussin ». Autant quand on avait refilé Thomert et Mangane aux Rennais, j’avais trop rien dit, autant là ça blase.

Mais ce retour au stade, ce retour des déplacements de supporters en J9 ou en bus, c’est l’occasion pour BM de revenir aux affaires sérieuses. Faut quand même rappeler qu’on a écrit 95% de nos articles en L2… Alors tant pis pour le GIEC, le bilan carbone et le réchauffement climatique, on aura beau jouer avec des maillots biodégradables en feuillage, c’est plié de toute façon, et vive les stades pleins. Enfin, ce premier dép’ de la saison, c’est aussi l’occasion de voir si Francky a toujours son totem d’immunité face aux clubs bretons, qu’il a martyrisé toute la saison passée.

C’est ainsi un Roazhon Park tout de sièges en formica paré, avec Rihanna dans la sono qui accueille le Racing. L’occasion de découvrir les petits nouveaux, Machado, Wooh, titulaires d’entrée dans une défense ultra newlook. Car Franck, en bon œnologue, sait que faire vieillir un groupe ensemble est gage de qualitey et d’automatismes, aligne 9 titulaires présents l’an dernier.

On a ainsi pris du plaisir à revoir Jean-Louis Leca lever les mains pour indiquer qu’il n’avait pas touché la frappe de Sulemana, et que « non-non ya pas corner« , (effectivement, vu qu’il y a lucarne), à voir Kakuta mettre en péril les rotules adverses, même celles de Badé. On a aimé voir Banza presser et acculer l’adversaire dans ses 16m et Boura se transformer en bonhomme dès qu’il faut calmer les ardeurs adverses.
Mieux, dans cette défense où Gradit et Medina manquent à l’appel, on voit Fortes se transformer peu à peu en M Propre dans les situations chaudes. Le voir planter ses spatules dans les pieds de Guirassy et sauver l’équipe à 10 minutes de la fin, c’était d’autant plus plaisir que cet homme, rarement épargné par les commentaires depuis que Vachoux a failli le décapiter, casse et ferme beaucoup de bouches depuis un an. Il pourrait presque bosser chez Labello.

On a surtout kiffé voir les gens au stade. (pas Corentin, les autres). Des gens putain !
Truc de fous, improbable depuis un an et demi : des gens ont le droit de chanter, hurler, encourager, claquer des fumis ou faire des grecques avec Sandy, Nicolas ou Primprenelle. Le besoin est d’ailleurs tellement grand, que pas un lensois n’est venu casser les couilles sur le Pass Sanitaire, les agents-trieurs entre vaccinés ou pas ou le port du masque. Si pour rentrer au stade cette saison, il était obligatoire de venir en pull en mérinos, t’aurais plus un mouton vivant dans l’Artois.

Et cette exultation sur le but de Séko, jouissive, libératrice, cette joie des joueurs en fin de match, fêtant les retrouvailles avec les supp’, ce n’est qu’un apéro. La semaine prochaine, Bollaert sera plein comme un œuf pour accueillir ses chéris. Et quand on sait que ce sera la première fois pour Fofana, Clauss, Gradit, Medina, Ganago, … et Franck Haise, on peut légitimement se demander pour qui le kiff sera le plus grand. Pour eux ou pour nous?

@R_Direktor

Bonus :
Le légendaire Mug BM est à gagner.
Tu ne le sais sans doute pas mais chaque article est l’occasion pour la rédac’ de lancer un défi mot à celui qui écrit. Celui ou celle qui trouve les 10 mots du défi gagne le mug.
Comment ? c’est très simple : une tentative par joueur, envoyée en DM sur le Twitter de BM
@BollaertMecaniq
Et qui dit nouvelle saison dit nouvelles règles : les points gagnés se cumuleront sur la saison, chaque bonne réponse apportera un point, qui permettront aux meilleurs de gagner les challenges intermédiaires.

Alors tu veux rejoindre Franck dans la caste des mecs qui boivent leur café avec classe?

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