J 13 – Promenons-nous dans l’Aubois

On nous a promis l’Enfer cette saison. Et j’avoue qu’on a encore tout pour se planter. On sort d’une séduisante et improbable saison, sans la pression de Bollaert, avec le désir inavoué de faire encore mieux. Et comme on est Lens, on sait tous que cette histoire finira mal. On occulte, on nie, on se dit que bon, mais on le sait. Même si La Poch t’a rappelé d’où on venait, on est désormais attendu au coin du bois, et nombreux sont ceux qui vont avoir envie de nous dépiauter.

C’est que, depuis quelques temps, on parle beaucoup de Lens. Nous c’est normal, c’est un peu pour ça qu’on est là. Mais les magazines spécialisés, les émissions TV ou radio, c’est nouveau et y’a désormais plus une semaine sans qu’un type se touche sur le jeu de Franck Haise et la hype que le Racing suscite. A croire que la Secte devient le think-thank à la mode. Bien évidemment, ça nous fait plaisir. Mais ça doit aussi agacer. Ét à force, énerver. Et moi ça m’inquiète un peu. Il ne manque plus que Valls, Xavier Bertrand et Robert Hue au fanclub de Franck Haise et on se connaît, on va forcément finir par s’enflammer et prendre le melon. Pour se faire dégonfler façon baudruche à la première contrariété venue. Et cette contrariété, c’eût pu être Lyon.

Parce qu’on a paumé là-bas, un peu comme on a perdu à Montpellier ou contre Strasbourg : en ayant eu 12 fois la place pour les déculotter en premier et en vendangeant un peu trop naïvement, devant comme derrière. Sûr que c’était un sacré match, parfois du travail d’ébéniste, d’esthète, qu’on les a plus que fait souffrir, mais on a perdu. Et ce genre de défaites, c’est soit l’occasion d’une bonne introspection pour relancer la machine, soit la glissade qui peut te ramener à un statut de Fiat 500 de la L1. Alors, quand les Troyens se présentent à Bollaert, le Racing est attendu au tournant. Pas parce que Troyes fait peur, les mecs jouent avec Rami, mais parce que c’est typiquement le genre d’équipe qui va nous faire galérer.

Enfin, ça c’est dans ma tête. En vrai, malgré 10 minutes où les bleus se révèlent être d’honorables bretteurs, dès que ça accélère, on leur marche dessus. Saïd et Clauss sont intenables et Troyes est totalement asphyxié. Et comme les Aubois ont l’élégance de laisser Clauss et Frankowski totalement libres à chaque montée, la sanction tombe très vite. Une petite combinaison Saïd-Clauss-Kali-bisou à la caméra et pouf, 1-0.

On marque tôt, l’adversaire est totalement coincé dans les ronces : c’est donc là où on va prendre un contre et se faire calmer!
Ou pas. Car les 11 jaunes pressent comme des crève-la-faim et Troyes n’en touche plus une. On est parfois 8 dans leurs 30 m à aller les chercher, à les harceler dès qu’ils touchent la balle et dès qu’on la récupère, Fofana et Kakuta concassent le milieu troyen : Lens danse et les chauves sourient. Et si on a parfois l’impression de chercher la passe de trop, on n’hésite pas à s’essayer au tir de loin. S’il repousse une demi-volée de Seko puis une frappe vicelarde de Kakuta, Gallon en chie et cède à nouveau à 30e. Clauss à l’offrande, Saïd à l’exécution, c’est clinique, c’est létal, c’est beau, c’est … putain… c’est Lens!

Le pire? Enfin, le Mieux? C’est qu’on insiste, et qu’on a l’impression que le XI lensois veut dérouiller les Aubois, leur faire mal, les démolir en fait. Et il y arrive : on joue la 35e et Saïd n’est pas rassasié. Son 1-2 avec Kali aboutit sur une nouvelle frappe, Gallon se demi-troue et Clauss l’achève de près. On vient d’en passer 3 en une demi-heure et on régale. Après une construction d’école, Fofana décale Saïd d’une talonnade à l’aveugle, minasse, Gallon repousse, Kali devance Rami, et de 4.

Le temps que la blessure de Saïd puis la VAR nous mini-climatisent, Lens rentre aux vestiaires avec 3 pions d’avance, et même les plus pessimistes ne voient pas comment Troyes peut revenir. Et on va pas faire style, tu connais aussi bien le score que nous, ils ne reviendront jamais. Clauss puis Kakuta ne seront pas loin du 4e, mais c’est Frankowski qui claque de près, oublié par les 2 hippopotames composant la défense troyenne, après un déboulé de Sotoca.

La fin de match est tout en sourire et en maitrise. Franck fait tourner, Massadio, Da Costa et Cahu rentrent pour un footing, tandis que Ganago déboule comme un crevard mais rate le 5e. Si Bollaert s’est transformé en Mordor pour les bleus, c’est aussi parce que derrière, il n’y a pas eu l’ombre d’un doute. C’est propre, c’est solide, comme si la leçon de Lyon avait porté ses fruits. Un Medina qui s’est abstenu de sa traditionnelle passe improbable, Gradit, Danso, le Cheick et mat. Alors on peut arrêter de se frotter les yeux et s’éviter un orgelet pour reprendre le taff : Lens était très nettement au-dessus, on déploie un jeu offensif ultra sexy et on n’est plus très loin de découvrir que le groupe est suffisamment sain pour aller loin sans exploser d’ego mal maitrisé.

En attendant, on est dauphin et il nous reste Brest, Angers, Clermont et Nantes à taper avant la fin des matches aller, avec Paris en bonus. Il y a toujours dans un coin de tête, une voix, un petit bourdonnement, signe que c’est typiquement le calendrier idéal pour se vautrer, mais plus ça avance… plus on y croit…

@R_Direktor

JEU MUG BM :
Le légendaire Mug BM est à gagner !
Chaque article est l’occasion pour la rédac’ de lancer un défi mot à celui qui écrit : 10 mots de cet article ont été imposés. Si tu trouves ces mots, tu gagnes le mug.
Comment ? c’est très simple : une tentative par joueur, envoyée en DM sur le Twitter de BM @BollaertMecaniq
Et qui dit nouvelle saison dit nouvelles règles : les points gagnés se cumuleront sur la saison, chaque bonne réponse apportera un point, qui permettront aux meilleurs de gagner les challenges intermédiaires.

Le premier challenge est d’arriver à 57 points !

Alors tu veux rejoindre Franck dans la caste des mecs qui boivent leur café avec classe ?

Les 10 mots de l’article précédent étaient : Constantinople, Belvita, Loupiote, Golf, Questeur, Cirrus, Catamaran, Purificateur, Cerquemanage, Pétrichor

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